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Le dialogue dans l’œuvre
romanesque de Céline

Tirage limité à 180 exemplaires. ISBN : 2-913193-05-6. 2004, 314 pages.
Prix public : 45 Euros.

Dans sa structure même, discontinue, erratique, le dialogue reprend certains des grands thèmes de la poétique célinienne : la mort, la violence et la finitude de l’être. L’interruption, le caractère haché des échanges, correspondent aux visions d’un monde miné, particulièrement dans les romans d’après-guerre, Féerie I et II, D’un château l’autre, Nord et Rigodon.

À l’explosion des bombes, à l’éparpillement des objets, correspond l’atomisation des individus et de leur parole. Le chaos sonore empêche qu’on s’écoute, qu’on s’entende. Il reflète le chaos relationnel et social préexistant, dont il n’est qu’un des effets et qu’il accentue. Le dialogue remplit un objectif rhétorique, celui de souligner la précarité des échanges humains. L’identité des locuteurs n’est pas toujours précisée, et leur multiplicité renforce le brouillage de la communication. Le cri, le hurlement constituent la modalité récurrente des propos. Pour le reste, la répétition des mêmes répliques témoigne de l’égocentrisme et de l’indifférence mutuelle générale.

Via l’indétermination et le brouillage de la communication, Céline montre la réduction à l’anonymat collectif. L’omniprésence du narrateur, reprenant en charge les paroles brouillées et indistinctes, est alors lisible comme une lutte contre l’effacement de toute voix singulière dans ce monde de bruits et de cris.  

Le Groupe de recherches céliniennes est constitué d’une équipe internationale de chercheurs présentant régulièrement leurs travaux dans le cadre de colloques organisés par la Société d’études céliniennes.