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Goétie de Céline

par Denise Æbersold

ISBN : 2-913193-13-7. 2007. À paraître.

Analyse synoptique d’un Voyage.

L’approche mythocritique restitue aux grandes créations artistiques leur authentique profondeur en exhumant leur contenu sacré latent, déguisé ou dégradé. S’il est une œuvre qui s’inscrit bien dans cette perspective, c’est celle de Céline, «absolument antireligieux» – contradiction flagrante dans les termes – où les extrémismes antinomiques, la violence, l’abjection trouvent des résonances particulièrement fortes pour rejoindre un sacré goétique qui, pourrait-on dire, resurgit en lapsus Dei.

La goétie est une magie noire. C’est encore, selon les propres termes de l’écrivain, une «foi dans l’ombre» dont le texte littéraire pourrait bien figurer le rituel privilégié.

Procédant à une lecture qui se réclame de Carl Gustav Jung, Gaston Bachelard, Mircéa Éliade, Gilbert Durand, cette étude interroge l’imaginaire célinien : elle décrypte ses métaphores de la nuit dont elle rappelle qu’elles sont un destin et montre comment, à partir de ces images se compose un monde goétique de «l’outre-là» qui a mené l’auteur, par la force de ses tropismes au bout de la nuit, dans le Nord.