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Céline - Portrait de l'artiste
en psychiatre

par Isabelle Blondiaux

Tirage limité à 200 exemplaires. ISBN : 2-913193-06-6. 2005, 358 pages. Épuisé.

«Fascisme» et «folie» font certainement partie des mots prononcés le plus souvent lorsqu’il est question de Louis-Ferdinand Céline. Significativement, la folie se présente en thème structurant de l’œuvre, qui elle-même ne laisse subsister aucun doute sur l’engagement politique de l’homme. Appliquée à l’écrivain, la notion de folie ne désigne pas nécessairement une maladie ou une structure pathologique, elle renvoie aussi à un rapport, celui du lecteur à ce qu’il reçoit comme inassimilable ou insupportable dans l’œuvre.

Cette folie des écrits de Céline ne saurait de toute façon être réduite à une thématique, même privilégiée, ou à l’expression de fantasmes de l’artiste ou de ses commentateurs. Le délire, avatar majeur de cette folie, est d’abord une stratégie de création, une poétique. Chez Céline, écrivain mais aussi médecin, la folie et son écriture se produisent sur le mode de la simulation et du jeu. En ce sens, la reconstitution de sa culture médicale et psychanalytique, la détermination de la manière dont cette culture, notamment à travers les figures de l’hystérie, structure son imaginaire, permettent de préciser un portrait de l’artiste en psychiatre où le discours de la folie ne définit pas une pathologie mais, littéralement, la mise en œuvre du processus créateur.