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Études céliniennes

N° 3 –Novembre 2007

Dans un contexte très différent, la reprise des traductions de l’œuvre en tchèque dans les années quatre-vingt dix traduit un mouvement plus général, dont nous rendons compte dans la section BIBLIOGRAPHIE, où les « autres » romans, (la trilogie allemande et Guignol’s band essentiellement) sont enfin pris en compte dans une perspective de collections (Dalkey Archive pour l’anglo-américain, Einaudi pour l’italien, Atlantis pour le tchèque), chaque fois servies par des présentations graphiques soignées.
On retrouvera également les analyses textuelles qui forment habituellement l’ossature d’Études céliniennes – elles participent cette fois d’une démarche comparative (Céline et Leiris à l’aune de l’expérience de la guerre et de l’engagement idéologique) et référentielle (les traces de l’antiquité classique dans Scandale aux abysses et Féerie pour une autre fois), mettant au passage en évidence un usage délibérément polysémique de la « synthèse » chez Céline. Pendants de ces analyses, des recherches documentaires mettent au jour un pastiche insolite de 1947 et deux rencontres féminines au début des années trente, deux danseuses américaines, apportant plusieurs clés d’interprétation quant aux déclarations relativement déconcertantes de Céline sur la séparation avec Elizabeth Craig.
On remarquera également dans cette livraison que la rubrique CHRONIQUE et LECTURES offrent des recensions de véritables réappropriations de l’œuvre de Céline, tant au théâtre avec Frank Castorf qu’au roman avec Strure Dahlström, très au-delà des essais d’adaptations. Les animateurs d’Études céliniennes ne peuvent que se réjouir de cette diversité d’approches, échappant à toute hiérarchisation dogmatique de l’information, dont témoignent également les comptes rendus de lecture, traitant plus volontiers du domaine étranger – voie que nous allons explorer plus avant dans le prochain numéro avec les monographies critiques de langue anglaise.